Non, ce blog n'est pas mourant ! Oui j'ai du stock de short stories dans mes tiroirs. Je me prends pour Richard Ford dans sa maison au bord du lac dans le Maine interviewé pour l'émission la grande librairie. Sa maison me fait rêver. J'ai une de mes profs d'anglais qui est amie avec lui, je rêve d'avoir un ami écrivain, juste pour me la péter en société (mais pas Marc Lévy !). Tout est un peu en vrac, des bouts d'histoire pas encore reliés, quelque chose en plusieurs parties, c'est flou, même si le début est écrit, tapé et attend sagement dans mes brouillons.
Bon, j'arrête de croire que quelqu'un attend impatiemment la suite des évènements.
:)
29/09/08
17/08/08
And your love is standing next to me
4 avril. C'était son anniversaire. Elle lui avait déjà acheté son cadeau depuis deux mois. Deux places de concert. Ils iraient ensemble. Probablement. Certainement. Ils faisaient tout ensemble. Presque tout. Une seule chose cependant ne les avait jamais réunis, cette chose que la simple amitié n'autorise pas, cette frontière souvent ténue qu'ils n'avaient jamais osé franchir.
Je te connais depuis trop longtemps.
Cette petite phrase lâchée un soir, sans prévenir.
Et alors, avait-elle pensé. Mais elle n'avait rien dit, juste un sourire, un silence et un autre sujet de conversation.
Elle se souvenait de leur première rencontre. Elle jouait dans la cour de récréation, elle courait, un garçon voulait lui soulever sa jupe. Elle évitait ses assauts mais il réussit à l'attraper par le bras. Il lui faisait mal. Alors un petit garçon blond comme les blés arriva, repoussa l'assaillant en lui collant une gifle et une bagarre éclata. On ne sut jamais qui gagna ce combat de coq mais elle venait de trouver son héros aux boucles d'or. Ils avaient 7 ans.
Presque 20 ans après on essayait parfois de soulever sa jupe pour des raisons peu avouables à l'âge adulte, mais il était encore là. Il continuait à la protéger.
Vous êtes comme frère et sœur.
Elle détestait ces mots sortis par sa meilleure amie. Il devait certainement penser là même chose puisqu'il n'avait jamais voulu soulever cette jupe.
Vous êtes comme frère et sœur, il ne sera jamais amoureux de toi.
Alors qu'attendait-elle ? Qu'espérait-elle lorsqu'ils se retrouvaient seuls et qu'il lui confiait tout ? Elle ne savait plus quand ses sentiments avaient changé. Sans doute au lycée, premiers émois, première fois où elle l'a vu avec une autre, trop proches pour n'être qu'amis. Il n'était plus à elle. Puis tout s'était enchainé. Il n'avait pas collectionné les conquêtes mais avait eu son succès. A force de confidences et de conseils elle ne savait même plus s'il la considérait encore comme une femme ou comme un de ses potes à qui on raconte ses exploits de la veille. Elle tentait d'oublier dans les bras d'autres hommes mais ils soutenaient difficilement la comparaison avec ce grand blond qui s'était battu pour elle dans la cour de récréation. Elle espérait toujours, elle espérait un geste, un regard différent des autres, n'importe quel signe qui ne venait pas.
Ses deux places de concert étaient dans une enveloppe rouge qu'elle tenait serrée entre ses doigts. Elle avait été de tous ses anniversaires depuis ses 8 ans. Elle avait vu défier ses amis, ses amies, celles qui avaient partagé son cœur, de la première à la dernière. D'ailleurs cette dernière était là. Elle ne l'attendait pas. Ils avaient rompu quelques semaines auparavant. Il était venu la trouver, triste et en colère, et elle l'avait écouté, comme d'habitude. Elle se disait souvent qu'elle n'était qu'une épaule et une paire d'oreilles. Il maudissait cette ex, cette fille qui ne le comprenait plus, qui n'avait qu'à aller voir ailleurs s'il y était. Et ce soir elle était là, revenue sans prévenir, visiblement pardonnée. Le bonheur flottait dans l'air mais son souffle devenait court. Elle ne voulait pas la voir, pas ici, pas maintenant. Il l'accueillit à bras ouverts, heureux de voir son amie, sa sœur de cœur. Elle se devait de faire bonne figure.
Joyeux anniversaire.
Elle lui tendait l'enveloppe rouge tout en gardant un oeil sur l'autre qui s'approchait doucement. Elle arriva vers lui et lui prit le bras. Une envie de meurtre lui traversa l'esprit, mais ce n'était pas le moment de perdre pied.
A la vue des places de concert son regard s'illumina, il ne pouvait espérer mieux.
Merci, c'est parfait. Tu es parfaite, tu es l'amie parfaite.
L'amie parfaite qui ne pouvait pas le serrer dans ses bras puisqu'une autre le faisait à sa place. Cette autre qui se tourna vers lui et prononça cette phrase :
On pourra y aller ensemble, j'adore ce groupe.
Et ils s'embrassèrent.
Détourner le regard mais ne pas pleurer.
Ils faisaient tout ensemble mais pas cette fois. Il était peut être temps de mettre un terme à cette histoire qui n'en était pas une, il était peut être temps d'avoir une vie sans lui.
Je te connais depuis trop longtemps.
Cette petite phrase lâchée un soir, sans prévenir.
Et alors, avait-elle pensé. Mais elle n'avait rien dit, juste un sourire, un silence et un autre sujet de conversation.
Elle se souvenait de leur première rencontre. Elle jouait dans la cour de récréation, elle courait, un garçon voulait lui soulever sa jupe. Elle évitait ses assauts mais il réussit à l'attraper par le bras. Il lui faisait mal. Alors un petit garçon blond comme les blés arriva, repoussa l'assaillant en lui collant une gifle et une bagarre éclata. On ne sut jamais qui gagna ce combat de coq mais elle venait de trouver son héros aux boucles d'or. Ils avaient 7 ans.
Presque 20 ans après on essayait parfois de soulever sa jupe pour des raisons peu avouables à l'âge adulte, mais il était encore là. Il continuait à la protéger.
Vous êtes comme frère et sœur.
Elle détestait ces mots sortis par sa meilleure amie. Il devait certainement penser là même chose puisqu'il n'avait jamais voulu soulever cette jupe.
Vous êtes comme frère et sœur, il ne sera jamais amoureux de toi.
Alors qu'attendait-elle ? Qu'espérait-elle lorsqu'ils se retrouvaient seuls et qu'il lui confiait tout ? Elle ne savait plus quand ses sentiments avaient changé. Sans doute au lycée, premiers émois, première fois où elle l'a vu avec une autre, trop proches pour n'être qu'amis. Il n'était plus à elle. Puis tout s'était enchainé. Il n'avait pas collectionné les conquêtes mais avait eu son succès. A force de confidences et de conseils elle ne savait même plus s'il la considérait encore comme une femme ou comme un de ses potes à qui on raconte ses exploits de la veille. Elle tentait d'oublier dans les bras d'autres hommes mais ils soutenaient difficilement la comparaison avec ce grand blond qui s'était battu pour elle dans la cour de récréation. Elle espérait toujours, elle espérait un geste, un regard différent des autres, n'importe quel signe qui ne venait pas.
Ses deux places de concert étaient dans une enveloppe rouge qu'elle tenait serrée entre ses doigts. Elle avait été de tous ses anniversaires depuis ses 8 ans. Elle avait vu défier ses amis, ses amies, celles qui avaient partagé son cœur, de la première à la dernière. D'ailleurs cette dernière était là. Elle ne l'attendait pas. Ils avaient rompu quelques semaines auparavant. Il était venu la trouver, triste et en colère, et elle l'avait écouté, comme d'habitude. Elle se disait souvent qu'elle n'était qu'une épaule et une paire d'oreilles. Il maudissait cette ex, cette fille qui ne le comprenait plus, qui n'avait qu'à aller voir ailleurs s'il y était. Et ce soir elle était là, revenue sans prévenir, visiblement pardonnée. Le bonheur flottait dans l'air mais son souffle devenait court. Elle ne voulait pas la voir, pas ici, pas maintenant. Il l'accueillit à bras ouverts, heureux de voir son amie, sa sœur de cœur. Elle se devait de faire bonne figure.
Joyeux anniversaire.
Elle lui tendait l'enveloppe rouge tout en gardant un oeil sur l'autre qui s'approchait doucement. Elle arriva vers lui et lui prit le bras. Une envie de meurtre lui traversa l'esprit, mais ce n'était pas le moment de perdre pied.
A la vue des places de concert son regard s'illumina, il ne pouvait espérer mieux.
Merci, c'est parfait. Tu es parfaite, tu es l'amie parfaite.
L'amie parfaite qui ne pouvait pas le serrer dans ses bras puisqu'une autre le faisait à sa place. Cette autre qui se tourna vers lui et prononça cette phrase :
On pourra y aller ensemble, j'adore ce groupe.
Et ils s'embrassèrent.
Détourner le regard mais ne pas pleurer.
Ils faisaient tout ensemble mais pas cette fois. Il était peut être temps de mettre un terme à cette histoire qui n'en était pas une, il était peut être temps d'avoir une vie sans lui.
04/08/08
TX
Pourquoi suis-je ici ?
Elle se posait cette question depuis que l'avion avait atterri.
Pourquoi tout ça ?
Les doutes s'emparaient d'elle, le décalage horaire entamait son optimisme. Pourtant elle avait rêvé de ce moment un millier de fois. Un millier de fois depuis qu'elle l'avait rencontré. Lui. Elle ne parvenait toujours pas à savoir ce qui l'attirait chez lui. Il n'avait rien à voir avec les hommes qu'elle avait connus. Elle ne savait que très peu de choses à son sujet. Il parlait si peu de lui. Elle avait tenté de glaner quelques renseignements au détour de leurs conversation mais il était excessivement doué dans l'art d'éluder ses questions. Ce mystère la fascinait et l'effrayait. Mais il lui avait fait parcourir 6000 km, elle qui n'avait jamais été plus à l'ouest de Brest, elle était maintenant dans cet état aussi grand que la France. Le Texas. Ce détail géographique qu'elle avait appris au lycée lui revenait sans cesse en tête.
Elle avait récupéré sa valise et se dirigeait vers la sortie. Ses affaires lui semblaient plus lourdes qu'à Paris. Sa démarche était moins volontaire. La chaleur lui tomba dessus sans prévenir, l'air était brûlant et lui coupa le souffle.
Pourquoi suis-je venue ?
Il ne l'attendait même pas, il n'était pas au courant. Mais elle voulait le retrouver, lui faire la surprise et voir son sourire lorsqu'il la verrait, débarquant sans prévenir. Elle voulait l'entendre dire qu'il était heureux d'être avec elle, qu'elle pouvait rester. Mais elle ne savait même pas s'il l'attendait vraiment. Sa timide invitation quelques semaines avant son départ passait pour une simple marque de politesse auprès des autres. Pour elle, c'était son billet vers l'ouest.
Leur relation fut amicale mais platonique jusqu'à cette nuit où l'alcool coula un peu trop. Il avait oublié ses notions de français au fond de son verre et elle ne connaissait que quelques phrases toutes faites apprise au cours d'un voyage à Londres avec sa meilleure amie. Il parlait français mais ce soir là, la communication devint plus tactile. Le lendemain, après avoir retrouvé ses esprit et sa grammaire, il ne savait pas trop quelle attitude adopter avec elle, amie devenue maîtresse. Quelques remords sans doute. Elle, tombait amoureuse. Deux jours plus tard il faisait ses bagages pour l'ouest américain. Elle laissa couler quelques larmes en l'embrassant. I'll miss you.
Maintenant elle était là, sous la chaleur texanne, sans réellement savoir où aller. La fatigue et le découragement lui faisaient monter les larmes aux yeux. Elle s'agrippait à sa valise et sentait que l'évanouissement n'était pas loin. Après quelques pas chancelants sur le bitume qui commençait à fondre, elle retourna dans l'aéroport. La fraicheur de l'air climatisé l'apaisa. Elle avançait, automatiquement et vint s'asseoir sur un siège dans une pièce vitrée qui devait être une salle d'attente. En face d'elle, une famille ne semblait qu'être la caricature de l'Amérique. Le père portait fièrement un Stetson gigantesque, les deux filles et la mère étaient proches de l'obésité. Elle le remarquait seulement maintenant, ici tout était plus. Plus grand, plus gros.
Son regard se perdait dans la foule pressée de l'aéroport lorsqu'il se posa sur la vitrine d'une boutique, largement décorée de bannières étoilées. Un mannequin en plastique portait la tenue typique des cow-boys du far west. Elle avisa son chapeau. Loin d'être aussi imposant que celui qui se trouvait en face d'elle, il était en paille et ferait parfaitement l'affaire. Elle se leva et pour la première fois depuis qu'elle était arrivée, ses pas la menait vers un but sans aucune hésitation. Elle réussit à se faire comprendre par la vendeuse malgré son accent déplorable et après quelques paroles avec les mains, cette dernière décrocha le chapeau du mannequin.
Fifteen dollars. Elle ouvrit son portefeuille et retrouva les 20$ qu'elle avait changé durant son escale à Atlanta. Elle était maintenant prête à affronter le soleil.
Elle sortit de l'aéroport et arrêta un taxi. Elle n'avait qu'une adresse et n'était pas sûre de l'y trouver. Elle n'était plus sûre de rien pourtant son angoisse avait disparu. Elle s'engouffra dans la voiture. L'aéroport s'éloignait rapidement. Son coeur se serra mais une confiance aveugle l'avait envahie. Elle savait qu'elle le retrouverait.
Elle se posait cette question depuis que l'avion avait atterri.
Pourquoi tout ça ?
Les doutes s'emparaient d'elle, le décalage horaire entamait son optimisme. Pourtant elle avait rêvé de ce moment un millier de fois. Un millier de fois depuis qu'elle l'avait rencontré. Lui. Elle ne parvenait toujours pas à savoir ce qui l'attirait chez lui. Il n'avait rien à voir avec les hommes qu'elle avait connus. Elle ne savait que très peu de choses à son sujet. Il parlait si peu de lui. Elle avait tenté de glaner quelques renseignements au détour de leurs conversation mais il était excessivement doué dans l'art d'éluder ses questions. Ce mystère la fascinait et l'effrayait. Mais il lui avait fait parcourir 6000 km, elle qui n'avait jamais été plus à l'ouest de Brest, elle était maintenant dans cet état aussi grand que la France. Le Texas. Ce détail géographique qu'elle avait appris au lycée lui revenait sans cesse en tête.
Elle avait récupéré sa valise et se dirigeait vers la sortie. Ses affaires lui semblaient plus lourdes qu'à Paris. Sa démarche était moins volontaire. La chaleur lui tomba dessus sans prévenir, l'air était brûlant et lui coupa le souffle.
Pourquoi suis-je venue ?
Il ne l'attendait même pas, il n'était pas au courant. Mais elle voulait le retrouver, lui faire la surprise et voir son sourire lorsqu'il la verrait, débarquant sans prévenir. Elle voulait l'entendre dire qu'il était heureux d'être avec elle, qu'elle pouvait rester. Mais elle ne savait même pas s'il l'attendait vraiment. Sa timide invitation quelques semaines avant son départ passait pour une simple marque de politesse auprès des autres. Pour elle, c'était son billet vers l'ouest.
Leur relation fut amicale mais platonique jusqu'à cette nuit où l'alcool coula un peu trop. Il avait oublié ses notions de français au fond de son verre et elle ne connaissait que quelques phrases toutes faites apprise au cours d'un voyage à Londres avec sa meilleure amie. Il parlait français mais ce soir là, la communication devint plus tactile. Le lendemain, après avoir retrouvé ses esprit et sa grammaire, il ne savait pas trop quelle attitude adopter avec elle, amie devenue maîtresse. Quelques remords sans doute. Elle, tombait amoureuse. Deux jours plus tard il faisait ses bagages pour l'ouest américain. Elle laissa couler quelques larmes en l'embrassant. I'll miss you.
Maintenant elle était là, sous la chaleur texanne, sans réellement savoir où aller. La fatigue et le découragement lui faisaient monter les larmes aux yeux. Elle s'agrippait à sa valise et sentait que l'évanouissement n'était pas loin. Après quelques pas chancelants sur le bitume qui commençait à fondre, elle retourna dans l'aéroport. La fraicheur de l'air climatisé l'apaisa. Elle avançait, automatiquement et vint s'asseoir sur un siège dans une pièce vitrée qui devait être une salle d'attente. En face d'elle, une famille ne semblait qu'être la caricature de l'Amérique. Le père portait fièrement un Stetson gigantesque, les deux filles et la mère étaient proches de l'obésité. Elle le remarquait seulement maintenant, ici tout était plus. Plus grand, plus gros.
Son regard se perdait dans la foule pressée de l'aéroport lorsqu'il se posa sur la vitrine d'une boutique, largement décorée de bannières étoilées. Un mannequin en plastique portait la tenue typique des cow-boys du far west. Elle avisa son chapeau. Loin d'être aussi imposant que celui qui se trouvait en face d'elle, il était en paille et ferait parfaitement l'affaire. Elle se leva et pour la première fois depuis qu'elle était arrivée, ses pas la menait vers un but sans aucune hésitation. Elle réussit à se faire comprendre par la vendeuse malgré son accent déplorable et après quelques paroles avec les mains, cette dernière décrocha le chapeau du mannequin.
Fifteen dollars. Elle ouvrit son portefeuille et retrouva les 20$ qu'elle avait changé durant son escale à Atlanta. Elle était maintenant prête à affronter le soleil.
Elle sortit de l'aéroport et arrêta un taxi. Elle n'avait qu'une adresse et n'était pas sûre de l'y trouver. Elle n'était plus sûre de rien pourtant son angoisse avait disparu. Elle s'engouffra dans la voiture. L'aéroport s'éloignait rapidement. Son coeur se serra mais une confiance aveugle l'avait envahie. Elle savait qu'elle le retrouverait.
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